image description

Nouvelles

Retour

Les gouttières: pour garder les fondations au sec

Le toit d’une maison détourne la pluie et la dirige jusqu’à son périmètre. Là, une gouttière la recueille, l’entraîne jusqu’à un tuyau qui, tel un torrent, la précipite en bas. Une rallonge, dont le col est un peu plus grand, la reçoit et la disperse sur le sol, mais plus loin. Tout ça pour l’écarter des fondations. C’est le but.

«Sans gouttières, l’eau s’insinuerait dans le sol aux abords des fondations. Elle les longerait pour s’y introduire peut-être et, finalement, donner du fil à retordre au drain français. Pour couper de moitié, éventuellement, son espérance de vie utile», met en garde Michel Lamontagne de Drainages de la Capitale de Charny.

Guy Lévesque est inspecteur et conseiller en bâtiment au service de Capitale Inspection de Saint-Augustin-de-Desmaures. Il est sûr que, même si le sol est formé de telle sorte que l’eau y ruisselle sans encombre, elle ne transportera pas moins de fines particules de terre jusqu’au drain qui finira par «s’envaser». Assez vite, même.

Sans gouttières, ajoute-t-il, même si le sol se libère assez vite de ses eaux, il ne sera jamais complètement sec. L’humidité croîtra même subtilement d’une pluie à l’autre. Facteur aggravant, l’hiver, l’eau dormante dans le sol gèlera, se dilatera et pourrait exercer une pression formidable contre le béton et le rompre.

«Le rôle des gouttières est donc d’empêcher les fondations d’être assiégées par l’eau. Sinon, elles sont en péril», reprend Alain Bernard, pasteur baptiste et dirigeant de Couvre-Gouttières Enr. de Saint-Georges qui distribue et installe un appareillage de protection d’une grande finesse.

Elles ne servent pas qu’à cela! soutient, pour sa part, Daniel Lemay, pdg de Gouttières Saint-Agapit. Sans elles, l’eau produit une échancrure sur le sol ou la plate-bande. Ce qui gêne la beauté de l’aménagement paysager.

Ce n’est pas tout, continue le jeune chef d’entreprise. Le rideau de pluie en chute libre est souvent secoué par le vent et battu contre les fenêtres et le revêtement de la maison. L’eau chargée de poussière les salit, d’une part. Peut s’introduire par des brèches, d’autre part.

De plus, en sortant de la maison – ou en y entrant -, c’est une lame d’eau qui s’abîme sur vous. Ce qui est déplaisant. Sans compter la probabilité de formation de gros glaçons sur le rebord du toit, lors de redoux, l’hiver.

Paresseux

La Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL), dans son ouvrage Construction de maison à ossature de bois (1998), insiste : les gouttières contribuent à réduire la quantité d’eau souterraine à proximité des fondations et assurent, par le fait même, une protection accrue contre les infiltrations.

En clair, continue M. Lévesque, il faut faire en sorte que le sol entourant la maison soit le plus sec possible. S’il est glaiseux, en revanche, il faut le craindre. Car le matériau est très paresseux. Il se gorge d’eau avec lenteur et n’en finit pas de s’en départir.

Sous la saillie

C’est immédiatement sous la saillie du revêtement de toit, contre la planche de rive de la toiture, qu’on fixe les gouttières. Il y a 10 ans courait une opinion selon laquelle il fallait les poser sous la ligne imaginaire de pente du toit. De la sorte, disait-on, la glace pouvait passer tout droit, sans les heurter.

«Foutaise! oppose Michel Lamontagne. Cette manière de faire a fait plus de mal que de bien. De nombreuses gouttières ont été écrasées car la glace, en chute lente, cassait au-dessus et brisait fatalement les dalots.»

Les plateaux d’aluminium émaillés (communément appelés parefeuilles), percés de nombreux trous, qui couvrent désormais les bonnes gouttières, empêchent les feuilles d’arbres, les aiguilles de conifères et autres débris de s’y engager. En outre, d’après M. Lamontagne, ils facilitent l’évacuation sans trop de mal de plaques de glace ou de neige fondante.

«Sans compter que le bardeau et ses aspérités tempèrent la descente de la glace. Ce qui donne une chance aux gouttières», conclut Daniel Lemay. Enfin, il faut dire que les parefeuilles sont conçues pour donner passage à autant d’eau que le tuyau de descente peut en admettre. C’est kif-kif.

Source: La Presse